Une biodiversité en danger

Depuis cinquante ans, l’humanité sait que le patrimoine constitué par la flore et la faune sauvages et leurs habitats sont aujourd’hui gravement menacés par un concours de facteurs défavorables. Le monde scientifique ne cesse d’alerter sur le phénomène d’érosion de la biodiversité et ses conséquences. En effet, le récent rapport de l’IPBES, groupe international d’experts scientifiques sur la biodiversité, estime qu’un million d’espèces animales et  végétales sont menacées de disparition (sur les huit millions connues à ce jour) et que « les actions humaines ont significativement altéré le fonctionnement des écosystèmes dans la plupart des endroits du globe ». D’après cette étude, au cours des cinquante dernières années, 60% des milieux naturels ont été dégradés, le rythme d’extinction des espèces est au moins de cent à mille fois supérieur au rythme naturel d’extinction, et risque de s’accélérer si des mesures très fortes ne sont pas rapidement mises en place. Certains scientifiques vont même jusqu’à parler de la sixième extinction massive des espèces.

Cinq facteurs principaux sont à l’origine de cette érosion de la biodiversité, tous plus ou moins liés aux activités humaines, et interreliés :

  • Le changement d’usage des terres (artificialisation des sols…)
  • L’exploitation des ressources naturelles
  • Le changement climatique
  • Les pollutions diverses
  • Les espèces exotiques envahissantes

La biodiversité des Savoie

En quelques chiffres :

  • 7,5 % de zones urbanisées dont 20 % sur les secteurs de plaine, soit un taux comparable à ceux des départements franciliens
  • à l’échelle des Savoie : environ le double de la superficie du lac d’Annecy urbanisée en 12 an
  • 28 % d’espaces protégés dont 80 % en altitude
  • Augmentation des températures de 2,1° dans les Alpes du Nord entre 1900 et 2017, soit quasiment le double de la tendance mesurée au niveau mondial,
  • Glacier de Gébroulaz (Massif de la Vanoise) perte d’une lame d’eau de 30 m sur toute sa surface (1907 à 2016)
  • Glacier de Tré-la-Tête (Massif du MontBlanc) perte d’une lame d’eau de 6 m sur toute sa surface (2014 à 2018)